Nouvelle stratégie wallonne d’adaptation climatique : comment les entreprises doivent-elles s’adapter ?
Le 27 août 2026, le Gouvernement wallon a approuvé sa nouvelle Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques. Son ambition : préparer la Wallonie aux conséquences d’un climat qui continuera d’évoluer au cours des prochaines décennies.
Cette stratégie ne concerne pas uniquement les pouvoirs publics, l’aménagement du territoire ou la protection de la biodiversité. Les entreprises sont explicitement appelées à intégrer les risques climatiques dans leurs stratégies, leurs pratiques et leurs investissements.
Pour les acteurs économiques wallons, la question devient donc très concrète : à quels risques climatiques leur activité est-elle exposée et comment peuvent-ils s’y préparer ?
Une Wallonie qui se prépare à un climat profondément différent
La nouvelle stratégie wallonne prend comme référence un réchauffement mondial de l’ordre de +3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Selon les projections utilisées par la Wallonie, cela se traduirait localement par une hausse proche de +4 °C de la température annuelle moyenne en Wallonie.
Les conséquences envisagées sont importantes : le nombre moyen de jours dépassant 25 °C pourrait passer d’environ 25 à plus de 50 par an, tandis que les vagues de chaleur deviendraient nettement plus fréquentes. Parallèlement, les précipitations estivales tendraient à diminuer alors que les épisodes de pluies extrêmes gagneraient en intensité.
La stratégie identifie quatre aléas climatiques majeurs pour la Wallonie : les inondations et coulées de boue, les vagues de chaleur, les sécheresses et les incendies.
Le changement climatique constitue ainsi progressivement un enjeu non seulement environnemental, mais aussi économique et opérationnel.
Les entreprises directement concernées
C’est l’un des éléments particulièrement intéressants de la nouvelle stratégie.
Son objectif stratégique n°9 vise explicitement à « renforcer la résilience climatique des secteurs économiques wallons ». Le constat dressé est clair : l’ensemble des secteurs économiques est exposé à des risques climatiques dont l’évaluation demeure insuffisante.
Le document souligne notamment une difficulté particulière pour les PME, qui ne disposent pas toujours du temps ou des ressources internes nécessaires pour anticiper et gérer ces risques. La vulnérabilité des chaînes de valeur — fournisseurs, logistique et marchés — est également identifiée comme un risque systémique encore insuffisamment appréhendé.
À l’horizon 2040, la Wallonie vise ainsi une économie robuste et résiliente, capable d’évoluer avec le climat, de composer avec l’incertitude et d’assurer autant que possible la continuité des activités face aux événements extrêmes.
Quels risques climatiques pour une entreprise ?
Toutes les entreprises ne présentent évidemment pas la même vulnérabilité.
La stratégie souligne que la sensibilité des entreprises industrielles et commerciales dépend notamment de leur localisation, de leur secteur et de leur dépendance aux conditions climatiques.
Plusieurs facteurs peuvent accroître cette sensibilité : dépendance à l’eau ou à certaines matières premières, personnel travaillant à l’extérieur, espaces de stockage sensibles, nécessité d’une alimentation énergétique continue, maintien d’une chaîne du froid ou encore présence d’infrastructures exposées aux inondations ou aux incendies.
À ces risques directs s’ajoutent les effets indirects : interruption d’un fournisseur, perturbation d’un axe de transport, coupure énergétique ou indisponibilité temporaire d’une infrastructure essentielle.
Une entreprise peut donc être vulnérable à un événement climatique même lorsque son propre site n’est pas directement touché.
Identifier l’exposition et la vulnérabilité de son activité
La stratégie wallonne reprend le cadre d’analyse du GIEC selon lequel le risque climatique résulte de la combinaison de trois composantes : l’aléa, l’exposition et la vulnérabilité.
Cette dernière dépend elle-même de la sensibilité de l’élément exposé et de sa capacité d’adaptation.
Pour une entreprise, l’analyse peut donc commencer par plusieurs questions :
Quels aléas climatiques peuvent affecter mes sites et mon activité ?
Comment ces aléas sont-ils susceptibles d’évoluer ?
Quels bâtiments, équipements, travailleurs ou processus sont particulièrement sensibles ?
Mon activité dépend-elle d’infrastructures ou de fournisseurs eux-mêmes vulnérables ?
Quelles capacités ai-je déjà pour faire face à une perturbation ?
Cette démarche permet de passer d’une connaissance générale du changement climatique à une évaluation propre à l’entreprise.
Prioriser les risques et définir des mesures d’adaptation
Identifier les risques ne suffit cependant pas.
L’enjeu consiste ensuite à déterminer lesquels nécessitent une intervention prioritaire et à définir des mesures d’adaptation proportionnées à la réalité de l’entreprise.
Selon les situations, il peut s’agir d’adapter un bâtiment aux fortes chaleurs, de protéger des équipements contre les inondations, de sécuriser certaines ressources, d’améliorer la continuité d’activité ou encore de réduire la dépendance à un fournisseur particulièrement exposé.
La stratégie wallonne insiste par ailleurs sur deux principes importants : l’anticipation et la progressivité. Les investissements réalisés aujourd’hui doivent tenir compte du climat futur, tout en conservant suffisamment de flexibilité pour adapter les mesures à l’évolution des connaissances et des risques.
L’objectif est notamment d’éviter la maladaptation : investir dans une solution qui semble pertinente à court terme mais qui augmente finalement la vulnérabilité à plus long terme.
Vers une adaptation adaptée à chaque entreprise
La stratégie wallonne ne propose pas une réponse uniforme pour l’ensemble du tissu économique.
Elle indique au contraire qu’une approche adaptée à la taille et à la typologie des entreprises est nécessaire et prévoit la poursuite d’analyses de risques plus fines aux niveaux sectoriel et territorial.
C’est particulièrement pertinent pour les PME : l’objectif n’est pas nécessairement de mener immédiatement des investissements importants, mais d’abord de comprendre leur exposition, identifier leurs principales vulnérabilités et hiérarchiser les actions à entreprendre.
Anticiper aujourd’hui les risques de demain
Avec cette nouvelle stratégie, l’adaptation climatique prend une place croissante dans la politique climatique wallonne.
Pour les entreprises, cette évolution constitue surtout une invitation à passer d’une approche réactive à une démarche d’anticipation : identifier les risques avant qu’ils ne se traduisent par des dommages, des interruptions d’activité ou des investissements réalisés trop tardivement.
Chez Resiora, nous accompagnons les entreprises dans l’identification de leur exposition aux aléas climatiques, l’analyse de leur vulnérabilité et la définition de mesures d’adaptation concrètes et adaptées à leur activité.
Sources
Service public de Wallonie – Agence wallonne de l’Air et du Climat (AwAC).Stratégie wallonne d’adaptation – Vision et objectifs stratégiques, approuvée par le Gouvernement wallon le 27 août 2026.
SPW – AwAC. Étude de vulnérabilité du territoire wallon face aux changements climatiques (PRW-317), 2025.